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Restauration : vers une mise en valeur globale de l'espace

Les différents acteurs du Rhône s'accordent dorénavant sur la nécessité d'une gestion intégrée où plusieurs problèmes sont réglés simultanément et en relation les uns avec les autres. La Nature et l'environnement sont ainsi d'avantage pris en compte. Par exemple, une charte d'environnement a été élaborée par la CNR, qui se traduit par différents travaux d'inventaires et de génie écologique, et ainsi une gestion du fleuve plus respectueuses de ses exigences naturelles.

Dans ce cadre, la conservation et a fortiori l'accroissement de la biodiversité des hydrosystèmes demande une restauration physique et écologique de ces milieux. La gestion de cette restauration doit être axée sur le rétablissement des connections morphologiques, sources des connections biologiques et par conséquent de la diversité biologique.

Mesures de protection et outils réglementaires

Depuis une vingtaine d'années différentes mesures de restauration des milieux et des biocénoses ont été prises, principalement à l'initiative de l'Etat et des associations comme par exemple :
Une protection des espèces en danger comme le castor ;
Une protection des habitats qui augmente sensiblement la biodiversité ;
La restauration biologique et physique des milieux ;
La gestion des successions végétales avec une gestion pastorale des prairies ;
Etc.

Ces actions sont rendues possibles par la mise en place depuis quelques années de différents outils réglementaires, en particulier :
La mise en place d'un SDAGE (Schéma directeur d'aménagement et de gestion de l'eau) selon la loi sur l'eau de 1992 ;
La mise en place du réseau Natura 2000 qui réunit des sites protégés et gérés au titre de cette directive ;
Le programme décennal de restauration hydraulique et écologique du Rhône pour lequel plus de 6 milliards d'euros, financés par la CNR, l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse et les collectivités locales, seront investit dans la restauration de la connectivité longitudinale et transversale du fleuve et de son fonctionnement écologique.

L'exemple d'une gestion hydraulique globale

Un certain consensus se dégage petit à petit en faveur de la restauration du système hydraulique du fleuve. Parmi certains axes, on peut noter :
Stopper l'enfoncement des cours d'eau et des nappes dû à une extraction abusive et une limitation de l'enfoncement des nappes.
Conserver les champs d'extension des crues pour rétablir un fonctionnement plus naturel du fleuve.
Restaurer le rôle des anciens bras du fleuve (les lônes) qui, remis en fonctionnement permettent l'écrêtement des crues, la recharge des nappes et donneraient de nouvelles zones de pêche.

 

Un environnement naturel encore localement conservé

 Parties court-circuitées de Donzère-Mondragon

avec endiguements Girardon du 19ème siècle,

milieux annexes et forêt alluviale résiduelle.

De plus, une révision du débit minimal des parties court-circuitées est entreprise, qui implique de trouver un compromis entre la production énergétique et la qualité des habitats aquatiques. Des simulations montrent que le paysage fluvial sera modifié par l'accroissement du lit mouillé et de la vitesse de courant. De l'autre côté, l'influence sur la remise en eau des bras secondaires ou sur la remontée du niveau de la nappe sera toutefois limitée et elle sera nulle sur le transport solide. Il est ainsi nécessaire de définir des objectifs de gestion. Ce débit doit en particulier permettre à des communautés de poissons et de macroinvertébrés plus variées de se développer. Une première expérimentation sur l'aménagement de Pierre-Bénite en aval immédiat de Lyon montre des résultats encourageants dans ce sens. Cette double restauration hydraulique et écologique s'étend actuellement les aménagements du Haut-Rhône.

 

Conclusions et perspectives

 

Cette étude montre que les aménagements morphodynamiques successifs ont eu des impacts négatifs majeurs sur l'hydrosystème Rhône qui ont abouti à un fleuve régulé, profondément altéré, cloisonné en écosystèmes souvent simplifiés et plus ou moins figés. Cet impact anthropique peut se diviser en deux grandes étapes : 
La correction du lit réalisée dans la seconde partie du 19 ème siècle ;
La mise en place d'équipements hydroélectriques ayant profondément changé le fonctionnement initial du fleuve après les années 1950.

Cependant, un changement des modes de pensée favorise de plus en plus une vision intégrée (vs sectorielle) avec la mise en place de plans de gestion rendant compatibles les différents objectifs dont celui de conservation du patrimoine naturel. Ces opérations de gestion permettront progressivement la réhabilitation et restauration de nombreux écosystèmes actuellement réduits à l'état de reliques, tout en maintenant ou favorisant les usages liés au fleuve dans une vision globale et intégrée. Cela implique un nouvel équilibre entre les fonctions et les usages.

Rédacteur : Olivier Neuckens
E-mail : oneuckens(@)meretlittoral.com
Source d'informations : Jean-François FRUGET, Hydrobiologiste, directeur du bureau d'études ARALEP spécialisé en écologie des eaux douces.

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